Rudyard Kipling, un maçon, un vrai!

D’après Rudyard Kipling. Toute ressemblance etc. Les prénoms ont été changés.

Il y avait S :., le chef de choeur,
G :., de l’énergie,
Y :. , de la logistique,
J :.-P :., de l’informatique,
A :., l’amoureux des livres,
Et F :., le philosophe,
Qui fut deux fois notre Vénérable,
Et aussi Jean l’Ancien, le maître menuisier
Qui façonna nos équerres et nos maillets.

Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ».
Dedans c’était : « Mon frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.
Moi, j’étais Expert dans ma Loge-mère, là-bas !

Il y avait encore Fr :., le comptable,
R :., le juif d’Oran,

Toujours de bonne humeur,
P :., l’architecte au soleil,

Toujours la main tendue,
Le sieur Jacques L :., mon parrain et maître,
J :.-P :. le rouge,
Et R :., des escales de réparation,
Le Catholique romain.
H :. mon filleul, le jeune harmoniste,
qui relie le présent au passé
R :. son jumeau, le jeune architecte, son complice,
Féru d’histoires et d’Histoire,
F :. l’ancien, l’ancien architecte et poète,
O :. le graphiste, notre secrétaire,
ajoutant la beauté à l’efficacité
J :. le médecin des esprits,
F :. le kiné, soigneur des corps et des âmes
L :. l’ingénieur, tout fait d’équerres
T :. le héros et artiste,
et tant d’autres que la vie a éloignés.

Nos décors n’étaient pas riches,
Notre Temple était vieux et dénudé,
Mais nous connaissions les anciens Landmarks
Et les observions scrupuleusement.
Quand je jette un regard en arrière,
Cette pensée, souvent me vient à l’esprit :
« Au fond il n y a pas d’incrédules
Si ce n’est peut-être nous-mêmes !

Car, quand nous pouvions, après la tenue,
Nous nous réunissions pour dîner et causer. Causer surtout.
Nous osions faire de banquets
Sans peur d’enfreindre le régime de certains frères.
Et nous causions à cœur ouvert de religion, de politique et d’autres choses,
Chacun de nous se rapportant
A ce qu’il connaissait le mieux.
L’un après l’autre, les frères prenaient la parole
Et aucun ne s’agitait.
L’on se séparait à la nuit, quand fermaient les transports
Et le maudit métro porte-fièvre ;

Comme après tant de paroles
Nous nous en revenions à pied ou VTC,
Platon, Dieu et Karl Marx
Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes.

Bien souvent depuis lors,
Mes pas errant au service du Gouvernement,
Ont porté le salut fraternel
De l’Orient à l’Occident,
Comme cela nous est recommandé,
De Toulon à Valenciennes,

De Gramat à Paris,
Mais combien je voudrais les revoir tous
Ceux de la Loge-Mère, là-bas !

Comme je voudrais les revoir,
Mes frères de tous horizons,
Et sentir le parfum des bières, des panachés et des Monacos
Pendant que circulent les serveurs,
Et que le Maître des Cérémonies s’active,
Pour nous réunir sur le parvis
Et me retrouver parfait Maçon
Une fois encore dans ma Loge d’autrefois.

Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ».
Dedans c’était : » Mon frère « , et c’était très bien ainsi.
Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.
Moi, j’étais Orateur dans ma Loge-mère, là-bas !

Vous me manquez tous !

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