Vivre vraiment la fraternité
entre nous déjà!

Que n’a-t-on écrit sur la fraternité ? Qui n’a- frémi sous les mots amples et ampoulés pour la décrire ? Pourquoi nous appelons-nous Sœurs et Frères ? Quelles sont les preuves du bien-fondé de cette apostrophe ? Et pourquoi figure-t-elle quand, dans beaucoup de loges, nous nous écrions « Liberté, Égalité, Fraternité ? Tu verras, avec les exemples, que les trois vertus sont liées les unes aux autres. Par exemple, l’égalité et la fraternité ; puisque cette dernière ne peut vraiment exister sans une égalité minimale.
Des livres, des planches, des échanges et des jugements foisonnent . Quelle crédibilité ont donc ces louanges quand, dans sa loge, on sent de l’animosité, de la prétention, des pressions Que penser de cette cratophilie, comme l’écrivait mon maître Daniel Béresniak pour désigner l’amour du pouvoir. Il est vrai que l’organisation pyramidale naturelle de la meute humaine ne favorise pas trop les relations fraternelles dans la loge ; mais il est vrai aussi que l’entraide, la bienveillance et l’empathie sont aussi natives chez les hominidés. C’est pour cela que nous ne cessons d’en parler car nous sentons que nous recelons en nous ce trésor. Très bien tout cela. Mais transmettons-nous vraiment la fraternité, en la vivant au fil des tenues ? Parfois. Je trouve que bien des fois elle est laissée en état de friches dans le cœur de chacun qui est persuadé qu’il est fraternel. Alors, à ce Frère, à cette Sœur, je pose la question cruciale. « Depuis que tu es initié-e, que fais-tu, concrètement de fraternel que tu ne faisais pas avant d’entrer chez nous ? » Mon Frère, ma Sœur, lecteur, quelle est ta réponse ?
Pour l’avenir, dans les troubles des changements de civilisations, la fraternité riche sera une porte d’accès majeur entre les êtres. Raison de plus, pour les Francs-maçons, de la vivre entre eux Pour accomplir leur devoir, la transmission dans le monde profane Qu’elle ne s’attarde plus sur les étendards flottants des belles paroles. Qu’elle descende à la pratique de la marche réelle dans les sentiers fleuris et boueux de la vie en loge.
Je suis un ancien ; par l’âge et par la date de mon initiation. Pas de quoi se glorifier. Je connais des Apprentis qui sont allés plus loin que moi. Mais ce que j’ai certainement, c’est l’expérience accumulée lors de mes voyages maçonniques. J’ai regardé, apprécie, noté beaucoup de pratiques fraternelles, modestes dans leurs apparences mais efficaces dans leurs résultats. C’est ce que vais maintenant te présenter. Tu reconnaîtras des pratiques qui existent dans ta loge. Tu en découvriras d’autres qui sont expérimentées ailleurs. Mais surtout ne pense et ne dis pas : « Ce n’est pas dans le rituel ». Demain, la loge sera créative. Prépare-toi ! Je ne reviendrai pas sur les dispositifs rituels qui permettent à la fraternité d’éclore, notamment la méthode de prise de parole. Hors des chemins érudits, je ne ferai pas non plus de regroupements non plus pour favorise ta surprise. Ainsi qu’une liberté de choix non guidée. Je passerai du coq à l’âne sans vergogne. Allons-y !

• Le message collectif aux absents : Après la tenue, l’Hospitalier fait circuler une feuille blanche. Y sont inscrites en haut, à côté du sceau de la loge, quelques lignes du genre : « Ma Sœur (mon Frère) tu nous a manqué. Et l’égrégore n’était pas parfait mais nous t’adressons ce message de fraternité. Ainsi, par la pensée, tu fus avec nous. » Et chacun y va de deux, trois mots et de sa signature. Si une telle feuille t’arrive un jour car tu as été absent pour une raison d’importance, tu ressentiras comme cela fait du bien. De fait j’ai entendu, plusieurs fois, des remerciements de satisfaction.

• le rouleau des anciens disparus dans la canne. Lors des passages et autres tenues importantes, le Maître des cérémonies, devant tous, range dans le pommeau de la canne un papier qui contient le nom des membres décédés que l’on a connus. À défaut de pommeau, fixer le papier avec un ruban bleu ou noir. (Surtout pas un élastique)

• L’accueil des visiteurs : Certaines loges le font impeccablement ; d’autres ont vraiment à progresser. Voici ce qui se fait. D’abord chacun sur les parvis embrasse les visiteurs qu’il ne connait pas et échange les prénoms . Puis après l’ouverture solennelle le Vénérable les accueillent collectivement . Enfin, à la fin de l’appel, le Secrétaire qui a recueilli les noms les appelle. Quand je suis Secrétaire, je demande que le visiteur donne le nom de son rite ; celui de l’obédience s’il-elle y tient. Afin de marquer qu’il n’y a pas de frontières organisationnelles chez nous. La Franc-maçonnerie n’est-elle pas universelle ?
Au rite du Standard d’Écosse, la réception des visiteurs m’éblouit à chaque fois. le Vénérable descend, va chercher chaque visiteur l’un après et l’autre et le mène au centre de la loge. Là, il lui prend les deux mains et lui fait un compliment de bienvenue. Comme je me suis senti accueilli !
Notre Frère jean Mourgues a écrit cette belle phrase : « Reconnaître son frère sans l’avoir vu, l’honorer sans le connaître et l’aimer pour ce qu’il est sans l’avoir choisi personnellement, c’est là le tour de force de la fraternité initiatique. »

•Le remerciement. Contrairement à une idée très sotte qui circule depuis une dizaine d’années seulement, il est non seulement utile de dire « merci » en tenue mais indispensable pour le renforcement de la fraternité. Cela a été démontré mille fois par Seligman et son école, la psychologie positive. Masi des Maçons l’ont deviné . À preuve cette déclaration que l’on trouve au Standard d’Écosse, déjà cité : «La bienfaisance jouit d’un double agrément du ciel, car elle bénit autant celui qui donne, que celui qui la reçoit  «  Dire « merci » c’est une sorte de bienfaisance.
Ce qu’il faut absolument éviter en tenue et le jugement, par exemple sur la qualité d’une planche. Des phrases comme « Je te félicite, ma Sœur pour la clarté de ta planche » sont à proscrire. Ou à l’inverse « Mon Frère, tu aurais du revenir au rituel plusieurs fois » Pourquoi ? parce que le jugement crée une relation d’autorité entre le juge et le jugé. De ce fait, ce dernier risquera de perdre de la liberté d’expression.

• Choisir sa place aux agapes. Si tu as le bonheur de faire des agapes assises, alors choisis bien ta place : pas auprès d’un adepte que tu connais bien. Non ! Près d’un visiteur, d’un initié de la loge en privilégiant ceux et celles pour lesquels tu ressens peu de sympathie ;quel que soit son degré bien entendu. N’oublions pas que c’est d’abord le corps qui parle, puis les émotions, enfin la raison. S’asseoir ainsi est déjà un mouvement fraternel.

• Écouter sans couper la parole. Tu vas me dire : « Mais c’est le B A BA de la politesse. Certes, certes ! Mais le devoir est encore plus impérieux entre nous. Certains peuvent améliorer leur performance, me semble-t-il. Qui n’a éprouvé que sentir écouté est un plaisir tel qu’il déclenche souvent notre gratitude. C’est une des clefs principales, la première, peut-être, de cette qualité dont on parle tant : l’empathie. Sans couper la parole mais sans oublier de regarder le Frère, la Sœur avec attention : il-elle le ressentira positivement.

• Fêter les anniversaires d’initiation. Bien sûr, dans certaines loges. l’Hospitalier fête les anniversaires profanes. Cela se défend mais je préfère ce qui se fait aussi : la mention de la date d’anniversaire d’initiation. Ne compare-t-on pas cette cérémonie à une renaissance après l’oubli du vieil Homme ? Évidemment l’Hospitalier peut se charger de l’affaire mais je crois que la marraine, le parrain peuvent aussi la prendre en charge. C’est moins formel et plus affectueux.

• Embrasser vraiment. Là, je trouve que nous avons des efforts à faire. La tradition anglo-saxonne qui s’est peu répandue chez nous veut que ce soit une « accolade fraternelle » sans mention du baiser. Comme le disent joliment les Compagnons du Tour : le baiser de paix. Or point n’est besoin d’être grand clerc pour ressentir un baiser sur la joue comme une marque d’affection. Maintenant, depuis le milieu du XXème siècle les scientifiques n’hésitent plus : Le corps et le psychisme sont complètement intriqués. Et tout part du corps qui engendre l’émotion qui monte à la conscience le cas échéant et qui déclenche la raison. Cette dernière revêt de mots plus ou moins clairs, le contact physique. Tout est mêlé parfois en des fractions de secondes. Conséquence pour les trois baisers : Faire semblant d’embrasser en touchant, avec distance, les pommettes, est reçu par le destinataire comme un manque d’intimité. Plus simplement comme une distance affective, une vulgaire habitude politesse. Ce qui, reconnaissons-le, est ennuyeux pour un groupe qui prône la fraternité.
Selon mon expérience, la fraternité est un ensemble qui regroupe : la courtoisie, la confiance, la transparence, l’empathie et l’affection. Si tu es d’accord avec cette proposition, alors embrasse vraiment ton Frère, ta Sœur : trois baisers avec la bouche, sur les joues. Certains d’entre nous vont se rebeller car ils n’aiment pas la proximité des corps. Ils vont trouver de bonnes raisons. Je crois qu’ils ont intérêt à se poser la question : « Pourquoi je fuis le contact ? » C’est une question fondamentale dans son introspection, recommandée vivement dans notre Ordre.

• Toucher une partie du corps de l’autre : la main, le bras, l’épaule pour le rendre plus réceptif. C’est tout à fait recommandé quand on s’adresse à lui, à elle pour un message important. C’est largement démontré en quelques circonstances que ce soit : le serveur qui effleure l’épaule de son client a nettement plus de chance de recevoir une parole gentille, un meilleur pourboire. Expérience classique. À mettre en pratique en tous lieux, avec les membres de sa loge, sur les parvis, bien sûr ; mais aussi avec tout le monde : tu déclencheras de la sympathie pour toi. Sauf évidemment avec les peureux du contact physique. Et encore c’est à voir, avec l’habitude affectueuse développée entre nous.

• Résumer la pensée de l’autre et lui poser une question. C’est une des bases de l’empathie. Pas si naturel que ça. En fait, cette écoute de qualité s’apprend. Nécessité d’abord d’être patient quand le vis-à-vis parle. Surtout ne pas l’interrompre par un « Pour moi, tu sais, c’est la même chose » ou « Ce n’est pas du tout pareil pour moi ! Je vais te dire… ». L’autre évidemment ne sent pas une attention dirigée vers et pour lui. D’ailleurs, tout petits, ne nous a -t-on pas seriné : « On ne coupe pas la parole ». Pourtant, avec la croissance, l’ordre de courtoisie est parfois relégué au fond des souvenirs opaques.
Ce n’est pas tout, pour arriver à un chef d’œuvre de l’écoute. Il y faut trois temps : d’abord ne pas interrompre, nous venons de le voir. Ensuite, et ce n’est pas facile, reprendre en quelques phrases ce que vient de dire son interlocuteur.

• Ne pas se courber en deux quand on salue le Vénérable ou un dignitaire quelconque. Lors d’une entrée ou sortie de loge, ou en toute autre occasion (réélection…). Bien sûr plusieurs d’entre nous vont se récrier : « Mais enfin il s’agit d’une marque de respect envers quelqu’un qui a une fonction plus importante que soi ». En rajoutant souvent : « Surtout à une époque où le respect existe de moins en moins » Mon avis est complètement différent : pour une Voie initiatique qui prône la liberté et l’égalité, respecter l’autre est une évidence. Pour des motifs altruistes et de bienveillance. Mais surtout pas par soumission au dispositif et aux coutumes dépassées de l’organisation. Oui, le Siècles des Lumières nous a légué des valeurs sûres mais souvent habillées du fatras culturel de l’époque. Par exemple, ôter son chapeau et se courber devant uen personne de plus haut rang que soi. Toutes ces histoires ne tiennent plus la route périlleuse qui s’ouvre à l’humanité.

•Le passage des mains à l’initiation. Comme j’ai été ému la première fois où j’ai participé à ce serrage des mains de l’impétrant aux yeux bandés. Voici la séquence. En deuxième partie de l’initiation avant le dévoilement de la Lumière (Grand « L » ?) les initiés agissent ainsi : l’Expert fait faire, au candidat, le tour de la loge, où les Frères et Sœurs, en cercle sont debout. Puis l’impétrant est avancé vers le premier adepte. Celui-ci, celle-là prend les deux mains du nouveau et les serre. Comme chacun a un corps qui parle fort, le serrage n’est pas seulement le même à chaque fois. Sous son aspect répétitif, la poignée des deux mains transmet un message personnel . sans intervention de la conscience, dans le registre nu des sensations. C’est de corps à corps que la fraternité, l’accueil affectueux se transmet. Comme je regrette que ce geste rituel n’ait pas existé lors de mon initiation, en 69. La spiritualité qui mêle sensations, émotions, et prises de conscience n’était guère à l’ordre du jour dans la plupart des rites.

• Chanter à la chaîne d’union. D’abord souligner que la chaîne d’union est un symbole très fort car fondé clairement sur le physique et de là…. Quand je pense que des loges l’ignorent encore. C’est le premier point. Le second, c’est : « Que chante-t-on ? ». On pourrait laisser le choix à la discrétion de la loge. Une coutume s’impose pourtant : le chant écossais Auld lang syne (XVIIIème siècle), traduit en français par « Ce n’est qu’un au revoir ».
Chanter avec les autres est une joie profonde, qui transporte ailleurs, hors les murs de l’atelier. Avec l’espoir, l’entente sans réserve, le partage immaculé ! À entonner après la lecture du texte, à la fin, avant le « Dénouons nos mains.). Petite remarque : dans un des couplets suivants les deux premiers qui sont seuls chantés, le nom de Dieu est prononcé, mais on se content de chanter les deux premiers couplets. On trouve alors la jouissance d’être ensemble, une unité.

• Pour l’Orateur, terminer les conclusions par une note positive ou d’espoir. Car cela dispose bien les auditeurs. C’est une des conséquences résultant de l’effet Zeigarnik. Il a été étudié scientifiquement en premier, par Bluma Zeigarnik. que l’Orateur va déclencher. C’est une des clefs du maintien du moral des groupes, une loge en particulier. Alors l’Orateur doit le mettre en place avec une ou deux phrases à la fin de ses conclusions. Si tout s’est bien passé, le dire clairement : « voici pourquoi ». Si la tenue fut médiocre, ne pas terminer dans la grisaille du constat triste mais par une ou deux phrases dans le genre : « Nous pourrions, à la prochaine tenue, faire ceci ou cela. Ainsi nous nous améliorerons encore. » Ou « Notre chemin de loge n’est pas toujours très facile mais les difficultés que nous rencontrons sont de belles occasions de nous perfectionner ». Il va de soi que le Vénérable, de son côté, renforce brièvement cette note d’espoir. Ainsi s’assure-t-on que les Sœurs et les Frères partiront en bonne forme.

• Aller visiter un honoraire qui ne vient plus, parce qu’il est trop âgé ou/et malade. Qui fait la démarche ? Un Maître qui l’a bien connu et un Apprenti qui ne l’a jamais rencontré. Rien de tel pour honorer les anciens. Rien de tel pour démontrer ce qu’est une chaîne « qui vient du passé et tend vers l’avenir ».La loge où j’ai appris ce dispositif fraternel et affectueux, le mettait en œuvre une fois l’an. Mais la fréquence peut être modulée selon les cas. Je t’assure, voir des éclairs de joie dans les yeux d’un ancien est émouvant !

• Au passage au deuxième degré, faire une pause et partager le vin et le pain dont chacun déchire un morceau qu’il offre à un autre. Symbole de fraternité inscrit dans la réalité physique : tout le monde le comprend sans se casser la tête sur les dictionnaires de symboles. Bien sûr inspiration de la Cène puis du rituel de la messe, qui l’a rendu abstrait : c’est l’officiant qui boit et donne « à manger » les hosties. Dans le rite qui pratique ce simple et beau symbole fraternel, on arrête la cérémonie. Tout le monde se lève dans le désordre. Le Vénérable, le premier, boit le vin rouge dans une grande coupe et la tend ensuite à son voisin. Puis il partage le pain en prélevant une bouchée pour lui. Point de commentaire quand la scène est terminée. Une nouvelle fois, les mythes et les symboles qui s’ancrent dans la réalité physique n’ont point besoin d’explications. Ce qui n’empêchera pas le Second Surveillant d’échanger sur ce moment avec ses Compagnons, lors d’une séance d’instruction (comme on le dit encore, aujourd’hui hélas, à la mode du XIXème siècle) Pas d’érudition : ce qu’ils ont vécu et ressenti.°

• des agapes fraternelles. Souvent on dit que les agapes font partie de la tenue et c’est bien vrai. On sait aujourd’hui que l’organique, l’émotionnel et la conscience sont étroitement mêlés. Ils sont enlacés dans la moindre de nos attitudes et comportements. Les agapes, c’est d’abord l’organique, bien sûr ; mais elles peuvent être le moment d’exhausser la fraternité de deux manières. À mettre en place pour les loges qui ont des agapes assises, hélas pas toutes et c’est bien dommage.
D’abord, dans toute la mesure du possible, les agapes sont préparées par plusieurs membres de la loge, à tour de rôle. C’est le rôle du Maître des banquets que de faire la répartition. Pas facile, me diras-tu ! Nous travaillons et, avec la vie familiale, il n’y a guère de temps. J’ai vécu tout cela mais je t’assure qu’au-delà de l’aspect contrainte, préparer le plat, le dessert, apporter le pain, le vin… te renvoie, en pensée, inévitablement aux FF et aux SS En cela, tu marques un point concret de fraternité. Les loges qui se retrouvent à table au siège de l’obédience n’ont pas cette possibilité. Dommage !
Ensuite, un minuscule détail peut avoir le même effet fraternel en toute discrétion. Voici : Bien souvent, l’agapeur pose les plats sur la table et attend que chacun se serve. Trois façons de procéder : Les plats restent au milieu et on se sert en tendant le bras. Mais on fait souvent mieux : le plat est passé de l’un à l’autre. Beaucoup plus courtois. Le mieux ? Quand le plat m’arrive, je ne me sers pas en premier et je propose à mon voisin, ma voisine de le servir.
C’est ainsi que les agapes peuvent faire partie de l’arsenal fraternel

• Faire le signe d’ordre. L’usage dans les loges que j’ai fréquentées est toujours le même mais je ne crois pas qu’il faille généraliser. La Sœur, le Frère qui entre dans une tenue en cours parce qu’il est retardataire ou parce que la cérémonie l’exige, se met à l’ordre, fait les pas. Il, elle fait le signe pendant la marche ou à la fin, ce n’est pas ce qui importe. Ceque j’ai observé ce sont les Vénérables et les deux Surveillants, à ce moment-là. Comme tu le sais ils restent assis et font le signe avec leur maillet. Cela m’a toujours choqué. D’abord le signe réclame impérativement, vu sa force symbolique, d’être accompli debout. Ensuite, je me demande pourquoi les trois officiers usent de cette dérogation. Et on me répond, presque tout le temps « C’est pour bien marquer la hiérarchie dans la loge. » Ahurissant pour deux raisons : d’abord confirmation de la structure pyramidale du pouvoir comme dans la vie profane où certains commandent à ceux qui sont censés leur obéir. Ce qui, quand on y réfléchit bien, ne me semble guère maçonnique Ensuite, c’est une violation du principe d’égalité entre tous les Maçons du globe. Là je trouve cela grave. Et pourtant, je n’ai jamais réussi à changer cette pratique. Toi, je le souhaite.

• L’Hospitalier n’est pas le seul à prendre des nouvelles des absents. Si nous prétendons que la fraternité est la pierre de touche de la Voie, ce que je crois, alors joindre les absents malades est le devoir de tous. Voici ce que j’ai observé une fois : L’Hospitalier demande une assistance : Trois membres de la loge, tour à tous, joignent aussi le Frère, la Sœur malade. Le mieux est, bien sûr, d’aller le voir mais la vie moderne ne nous rend pas aisée cette tâche. Alors le mèl, le téléphone visuel si possible viennent à la rescousse.

• Citer les absents en début de la chaîne d’union. Si besoin, rappeler les causes de leur absence. Ne surtout pas oublier les honoraires.

• Nous ne cessons de répéter, en France particulièrement, que la Franc-maçonnerie est universelle. En cela, la chaîne d’union, peut-être une belle occasion de le démontrer. Comment ? Ceux et celles qui parle une langue étrangère seront invités à lire le texte de la chaîne dans cette langue. Peu importe que l’on ne comprenne pas ladite langue. Tout le monde ne connaît-il pas cet appel à la fraternité universelle ?

Voilà donc 21 possibilités d’accroître la fraternité entre les adeptes d’une loge. Et, ce faisant de développer un climat général de courtoisie, d’attention et d’empathie. Ne serait-ce pas une des composantes essentielles du fameux «égrégore » ? C’est mon avis. Quand l’atmosphère de la tenue est ainsi rendue plus ouverte et chaleureuse, chacun se livre avec plus de détente. Il-elle donne ainsi à voir ce qu’il est, ressent plus que ce qu’il pense. Et alors la voie royale de l’introspection s’ouvre à tous ceux qui cherchent vraiment à devenir eux-mêmes, dans le tourbillon des émotions croisées et affectueuses.