Il parait qu’en maçonnerie, on aurait identifié il y quelques années 3 mauvais compagnons qui perturbaient fortement les travaux. Cela m’a donné l’idée de réfléchir à ce thème des mauvais Frères. Je ne parle pas de ceux avec lesquels on a des frictions. Si on y réfléchit bien, ces contacts parfois un peu maladroits ou brutaux sont souvent très enrichissants, surtout si on fait le pas de côté. Il arrive que nous adaptions notre Pierre grâce ces expériences inattendues. Si les 2 parties savent transformer cette friction en richesse, tout le monde en ressort plus fort et grandi en sagesse.

Mon propos concerne bien les « vrais » très mauvais maçons. Ceux  qui sont mauvais chez nous et qui auraient été mauvais dans toute autre voie d’élévation, car leur conscience reste définitivement orientée vers les ténèbres.

Vous allez me dire : « Mais comment peut-on les reconnaître. C’est quoi être mauvais ? »

Prenons quelques exemples que nous connaissons tous. Est-ce qu’on peut affirmer qu’un mauvais maçon c’est :

  • 1 Vénérable maître qui s’accroche à son maillet ?
  • 2 Frères (ou Sœurs) qui se chamaillent pour un plateau ?
  • 1 Frère qui agace tout le monde en prenant la parole de manière intempestive ?
  • 1 Sœur qui n’a pas payé ses capitations depuis 2 ans ?

Ma réponse est sans aucune hésitation NON !

Ces exemples sont uniquement des expériences de Loges qui nous permettent de nous frotter et nous nourrir. Comme je le disais plus haut, ce sont des prétextes pour vivre des expériences humaines grâce à nos outils maçonniques. Que ferions-nous en Loge si nous étions dans un état de béatitude permanent ? C’est donc bien par le travail sur soi par la confrontation avec les autres que nous pouvons nous élever en sagesse.

Mon propos d’aujourd’hui concerne bien les « très mauvais maçons ». Ceux dont la Franc-maçonnerie ferait bien de se débarrasser au plus vite, si elle ne veut pas se gangrener. Définissons donc le portrait robot du mauvais Frère :

  • Il abuse de son autorité auprès d’une jeune Sœur pour obtenir des avantages inavouables
  • Il profite de sa pseudo supériorité pour extorquer des sommes d’argent et se faire payer sa voiture
  • Il s’imagine que sa fonction lui donne des droits systématiques sans les devoirs
  • … ces exemples pourraient se décliner à l’infini.

Mon propos assez direct pourrait en choquer quelques-uns. J’aimerais juste rappeler cette phrase du Rituel : « Creuser des tombeaux pour les vices et ériger des autels à la vertu ». En fait, tout est résumé dans cette sentence !!!

Tous les Francs-maçons du monde se retrouvent sur 2 points communs, et ce, quel que soit le lieu ou le Rite : « l’Initiation et la culture des vertus ».

Vous conviendrez que pour être reconnu comme tel, il faut préalablement être passé par la case initiation ?

Pour ce qui est du second point, nous ne nous attarderons pas sur la liste complète des vertus selon les influences ou les rites (sensibilité, courage, tempérance, justice, prudence, charité, générosité, gratitude…). Nous nous limiterons dans ce propos à opposer ce que certains cultivent comme le cercle vertueux lorsque d’autres préfèrent nourrir le cercle vicieux. Chacun étant libre de ses choix de conscience, tant que ce choix n’engendre aucun préjudice, la maçonnerie ne peut en aucun cas s’ériger en juge qui condamne ou exclut. En revanche, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt de garder dans notre Fraternité des producteurs et des cultivateurs de ténèbres ? Aurions-nous si peu de courage que nous préférons courber l’échine et fermer les yeux en attendant que d’autres fassent la sale besogne de purification ?

Lorsque des suspicions sérieuses existent et que des Frères ou des Sœurs, voire des Obédiences, se rendent complices par leur silence de ces tristes individus, nous érigeons alors des autels aux vices et notre Art se pervertit. Si les meneurs sont de nature vicieuse, je doute fort que la maçonnerie puisse un jour les éveiller à une autre réalité vertueuse. On ne change pas un être contre son gré. Il convient tout simplement de l’exclure au plus vite afin d’assainir nos Ateliers et nos Obédiences.

Quant aux complices, qu’en est-il ?

Lorsque la lâcheté et l’acédie sont aux commandes, alors les vicieux ont de beaux jours devant eux et tous les Frères et Sœurs vertueux ou de bonne volonté ont du souci à se faire. Chacun sait qu’un seul œuf pourri peut gâcher tout le gâteau. Combien de fois avons-nous vu des Ateliers ou des Obédiences vaciller sur leur base du fait d’un seul personnage malfaisant. Des expériences obédientielles récentes ont démontré qu’un dirigeant ou un petit groupe peut anéantir en quelques mois des décennies de construction et faire fuir des centaines de maçons. Il m’avait pourtant semblé que c’était la Lumière qui chassait les ténèbres et non le contraire !

Je ressens toujours une forme de fascination pour ces grands malades atteint d’hybris chronique. Nos livres d’histoire sont d’ailleurs remplis de leurs aventures et nous en avons fait les héros de notre nation. Quel drôle de paradoxe quand même. Cependant, je dois vous avouer que j’ai un profond mépris pour les petits collabos. Ceux qui dans l’ombre participent par leur action ou leur non action. Aucun de nos tyrans n’aurait pu s’élever dans les sphères du pouvoir s’il n’avait eu la complicité silencieuse de ces sous-fifres, de ces subalternes, de ces riens du tout. La soumission par le silence est aussi une forme de collaboration qui autorise les pires exactions. Le maçon vient justement en Loge pour cultiver le juste et le vrai.

L’auteur Max Frisch avec sa célèbre phrase : « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » résume parfaitement la source du mal. Pour conclure peut-être pourrions-nous donner un conseil aux endormis de la conscience qui se reconnaîtront : « Mon Frère, Ma Sœur, réveille toi, pendant qu’il est encore temps. Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient ».

Franck Fouqueray

 

ANNEXE 1 (petit rajout provenant de mon Frère Thierry – Merci à toi)

Catéchisme selon un certain Fanisti

V : F premier surveillant qu’est-ce qu’un maçon ?

1er : C’est un homme libre, également ami du riche et du très riches si ils sont magouilleux.

V : Que venons-nous faire en loge ?

1er S : Assouvir nos passions, soumettre les volontés des autres, et faire mienne la Maçonnerie.

V :  F second Surveillant, où avez-vous été reçu ?

2nd : S Dans une loge juste et parfaite pour moi

V : Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ?

2nd S : un la gouverne et les autres se prosternent.

V : F premier surveillant, depuis quand êtes vous Maçon ?

1er S : Depuis que j’ai reçu les ténèbres.

V : F premier expert, à quoi reconnaîtrai-je que vous êtes maçon ?

1er  ex : A rien

V : Comment se font les signes de Maçon ?

1er ex : Par suspension radiation et élimination.

V : Donnez-moi le signe d’Apprenti.

1er (il ne donne pas mais prend)

V Que signifie ce signe ?

1er Que je préfèrerais trancher la gorge des autres (il fait le signe) à quitter mon poste.

V Frère second Surveillant, donnez l’attouchement au F premier Surveillant.

2nd : (il le prend) le premier surveillant dit

1er : C’est pas juste, très Vénérable

V : F second surveillant donnez moi la parole.

2nd Vous n’avez rien à dire vous pouvez que m’écouter et exécuter mes ordres.

V : F premier Surveillant que signifie ce mot ?

1er S : Guide spirituel ; c’est le nom que vous devez vénérer par-dessus tout.

V Donnez-moi le mot de passe d’apprenti.

1er S : Capitations

V Que signifie t il ?

1er S : C’est le doux nom qui me permet d’acheter les métaux sans travailler.

V : Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon, Frère Second surveillant ?

2nd S : Parce que je n’étais pas assez puissant et que j’ai désiré de l’être davantage.

V Qui vous a présenté en loge ?

2nd S : Un ami affairiste, que j’ai ensuite reconnu pour associé.

V Dans quel état étiez vous quand on a présenté en loge ?

2nd : Ni nu ni vêtu mais cela n’allait pas durer, dépourvu de tous scrupule, parce qu’ils sont l’emblème d’une conscience que l’on doit éviter si l’on veut réussir.

V : comment avez-vous introduit en loge, F premier surveillant ?

1er S : Par trois grands coups

V que signifient ces trois coups ?

1er S : Demandez vous recevrez une lettre de suspension, Cherchez, vous trouverez mon avocat ; Frappez, et l’on vous radiera.

V Que vous ont produit ces trois coups ?

1er S : Un Expert qui m’a demandé mon nom mon surnom mon âge, mon pays et si c’était bien ma volonté de dominer les maçons.

V : Que vous est il arrivé ensuite ?

1er Le Maître de la loge a du consentement unanime de tous les Frère fait une grosse bêtise.

V Comment vous a-t-il reçu F premier Surveillant ?

Avec toutes les formalités que j’ai écrites.

V : Quelles sont ces formalités ?

1er S : J’avais le genou droit nu sur le coffre, la main droite sur le chéquier posé sur le volume des extraits de comptes sacrés ; de la gauche je tenais un ordre de virement en blanc, la signature appuyée sur la mamelle gauche qui palpitait.

V Qu’avez-vous fait dans cette posture ?

1er S : J’ai prêté l’Obligation de tout garder.

V Qu’avez-vous vu lorsque vous êtes entré en loge, F second surveillant ?

2nd : rien très Vénérable.

V Qu’avez-vous vu lorsqu’on vous a donné la lumière ?

2nd : toujours rien très Vénérable.

V Quel rapport peut il y avoir entre rien et le maitre de la loge ?

2nd Comme le maitre de la loge préside les capitations de sa loge moi je préside les maitres pour récupérer.

V Ou se tient le maitre de la loge, F premier Surveillant ?

1er S : au garde à vous

  1. Pourquoi ?

1er De même que les dictateurs tiennent leurs peuples par la peur et la propagande, la maitre se tient au garde à vous si, il veut faire carrière.

V Ou se tiennent les surveillants ?

1er Le premier S sous mes ordres.

V Pourquoi F second Surveillant ?

2nd : Pour aider le Vénérable à bien voter.

V ou se tiennent les apprentis ?

2nd : Pas loin de leurs chéquiers, pour payer les capitations.

  1. Comment s’appelle votre loge ?

2nd S La loge Saint Jean ai marre.

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