Un commentateur de mon article m’objecte gentiment qu’une certaine presse catholique possèderait encore de beaux restes. Je n’en disconviens pas, encore qu’il faudrait vérifier par exemple ce qu’il en est de l’évolution de la diffusion du quotidien La Croix, par exemple. Il faudrait donc s’interroger sur ce que sera à partir de 2035, une église catholique sans prêtre où les quelques dizaines de prélats survivants se partageront entre ceux qui seront de sensibilité conciliaire-moderniste et ceux qui se réclameront d’un traditionalisme – intégrisme.

Cela ressemblera quoi qu’il en soit à une sorte de post-protestantisme, dans la mesure où cela tirera probablement dans tous les sens, entre une très probable nostalgie, une volonté de poursuivre coûte que coûte l’aventure catholique dans une nouvelle configuration et l’installation d’un catholicisme culturel, tout cela étant à observer de près.

Ce post catholicisme s’exprimera pour partie par la manière dont seront pris en mains les nombreux lieux à forte dimension historique, mémorielle, architecturale, abandonnés par les moines ou les religieuses, lesquels, en attendant de voir disparaître leurs nombreuses institutions, procèderont à d’indispensables regroupements. Pourquoi ne pas en faire des temples maçonniques avec réfectoires transformés en salles d’agapes ? Je plaisante à peine.

Quant à la comparaison avec le GODF, elle ne me semble pas adéquate, dans la mesure où cette obédience, comme beaucoup d’autres, n‘est absolument pas en déshérence et n’est pas de plus directement concernée par la clientèle spiritualiste post-religieuse. Cela ne veut pas dire qu’en ses publications, à moins que cela m’ait échappé, on s’interroge sur le nouveau paysage. Il est vrai que pour certains, dont je ne m’exclus pas culturellement parlant, ne plus avoir de curé à bouffer peut créer la disette.